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Le faux et l’usage de faux constituent une infraction qui peut avoir des conséquences très préjudiciables au quotidien : il s’agit de la création d’un document falsifié dans le but d’induire en erreur et de nuire à autrui. Les personnes victimes de ce type d’infraction doivent rapidement porter plainte, car le délai pour porter plainte est limité. Mais quel est ce délai ?
Quel est le délai de prescription du faux et usage de faux ?
En matière pénale, le faux et l’usage de faux sont considérés comme des infractions graves. En France, ces délits sont encadrés par le Code pénal et les conséquences peuvent être sévères pour ceux qui en sont reconnus coupables. L’une des questions clés qui se posent est celle du délai de prescription : combien de temps faut-il attendre avant qu’une action en justice ne puisse plus être intentée après la commission du délit ? Pour le faux et l’usage de faux, la réponse est six ans. Cela signifie que la victime ou les autorités compétentes ont jusqu’à cette échéance pour engager des poursuites judiciaires contre l’auteur présumé de l’infraction.
Il convient cependant de préciser que ce délai court à compter du jour où l’infraction a été commise. Néanmoins, il existe des exceptions à cette règle : si le délit n’est découvert qu’ultérieurement, le délai peut être prolongé. Par exemple, si un cas de faux n’est révélé qu’après cinq ans, les victimes disposent encore pendant six ans – à compter de la date à laquelle le délit a été découvert – pour déposer une plainte. Cette disposition législative vise à protéger les victimes du délit de faux qui ne pouvaient pas se rendre compte immédiatement du préjudice dont elles étaient victimes.
Par ailleurs, certaines circonstances particulières peuvent prolonger le délai de prescription en matière pénale : ainsi, en cas de faux en écriture publique (document officiel), lorsque l’infraction est dissimulée, et dans les cas d’usages répétés ou lorsque l’infraction a été commise au sein d’une bande organisée. Enfin, si la victime était mineure au moment des faits, cela peut également jouer sur le délai pour porter plainte. Toutes ces mesures ont été renforcées par les modifications législatives apportées en 2017 : plusieurs délais de prescription ont alors été doublés afin d’accroître la protection des victimes et rendre plus efficaces les procédures judiciaires.
La matière de la prescription est complexe et il existe des exceptions qui peuvent s’appliquer en fonction des circonstances particulières de votre affaire. C’est pourquoi nous vous conseillons de consulter un avocat afin d’obtenir des conseils adaptés à votre situation. Celui-ci sera en mesure de vous indiquer la marche à suivre et vous expliquera comment le délai de prescription s’applique dans votre cas.
Comment porter plainte pour faux et usage de faux ?
Si vous êtes victime de faux et usage de faux, vous devez réunir un maximum de preuves pouvant démontrer l’infraction (documents falsifiés, témoignages de témoins, etc.). Une bonne documentation peut renforcer votre plainte et augmenter la probabilité de succès. Vous pouvez porter plainte auprès du commissariat de police, de la gendarmerie ou écrire directement au procureur de la République.
Une fois les preuves rassemblées, la victime doit se rendre au commissariat de police ou à la gendarmerie pour déposer une plainte. La plainte peut également être déposée directement auprès du procureur de la République. Lors du dépôt de la plainte, il est important d’apporter un maximum de précision concernant l’infraction (dates, lieux, personnes impliquées…). Plus votre plainte sera précise, plus les autorités auront une chance d’ouvrir une enquête approfondie. Il est fortement conseillé de se faire accompagner par un avocat lors du dépôt de plainte pour ce type d’infraction.
Voici quelques éléments importants à considérer lors de la préparation de votre plainte :
- Rassemblez les documents originaux et les copies des éléments falsifiés.
- Notez les coordonnées de témoins susceptibles de corroborer votre version.
- Rédigez un récit détaillé et chronologique des faits, en précisant l’impact personnel et financier du préjudice.
- Conservez une trace écrite de toutes vos communications avec les autorités compétentes.
- Consultez un avocat en droit pénal pour des conseils adaptés à votre situation.
Une fois la plainte déposée, les autorités compétentes procéderont à une enquête. Selon les éléments fournis, cette enquête pourra consister en l’audition des parties concernées, l’analyse des documents fournis, et toute autre mesure d’investigation jugée nécessaire. Il est important de coopérer pleinement avec les autorités et de fournir toute information supplémentaire qui pourrait être demandée au cours de l’enquête.
Sachez également qu’il est possible de se constituer partie civile dans le cadre d’une plainte pénale. Cela vous permettra de demander réparation du préjudice subi devant une juridiction civile. Un avocat pourra vous aider dans cette démarche afin d’obtenir une indemnisation adéquate.

Quelles sont les conséquences juridiques en matière de faux et usage de faux et comment se faire aider ?
Les conséquences juridiques du faux et usage de faux peuvent être lourdes. En France, ces délits sont passibles de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, mais la peine encourue pourra être plus lourde selon la nature du faux, l’ampleur de la fraude, et les antécédents judiciaires du prévenu. Par exemple, un faux commis dans le cadre d’un document administratif pourra être puni de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, et un faux en écriture publique pourra être sanctionné jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.En outre, des peines complémentaires (par exemple l’interdiction d’exercer une activité professionnelle) pourront aussi être prononcées.
Pour les victimes, le parcours judiciaire est long. C’est pourquoi il est recommandé de faire appel à un avocat expert dans ce domaine. Celui-ci pourra vous accompagner dans vos démarches juridiques, vous informer sur vos droits, et vous aider à constituer votre dossier. Il pourra également vous représenter devant les tribunaux et défendre votre cause. Son rôle est essentiel pour analyser votre situation, définir précisément l’infraction commise, rédiger les actes nécessaires, et assurer votre représentation au cours des procédures judiciaires.
Enfin, sachez qu’il est important pour les victimes de faux et usage de faux de connaître leurs droits à l’indemnisation. En effet, en complément d’une condamnation pénale de l’auteur des faits, la victime peut obtenir réparation du préjudice subi sous forme de dommages-intérêts. L’indemnisation peut couvrir différents types de préjudices : matériel (perte financière), moral (atteinte à l’honneur), professionnel (impact sur la carrière). Sachez enfin que même si l’affaire a été classée sans suite vous pouvez agir civilement après la prescription pénale.
D’une façon générale, les affaires de faux et usage de faux demandent une certaine rigueur et un bon niveau d’information. Que vous soyez victime ou mise en cause, il est important de prendre connaissance des enjeux juridiques réels et de contacter les professionnels compétents pour vous épauler dans la procédure judiciaire. Pour finir, sachez que le faux témoignage est également pénalement sanctionné, avec des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans et 75 000 euros d’amende, voire plus si le témoignage est rémunéré ou s’il porte sur une affaire criminelle.



